Report : CosmoBass World.Wild.Beats

Report : CosmoBass World.Wild.Beats

Pour la 10ème édition du festival Selvamonos qui aura lieu les 29 et 30 juin prochain a Oxampapa au Pérou, ces amoureux de la musique et du voyage se sont alliés à Polybrid Polybrid et ont posés leurs sound-system pour la première fois à Paris pour investir l’Aérosol. De belles prémisses pour l’édition 2018, de quoi donner envie de booker un vol pour le Pérou ! 

Le festival, crée en 2009 par de jeunes étudiants péruviens, n’a cessé d’oeuvrer tous les ans pour la promotion des musiques actuelles latino-américaine. Inutile de rappeler le vivier d’artistes-producteurs existant en Amérique du Sud, de Chancha Via Circuito à Villalobos, autant de noms qui se sont aujourd’hui exportés à l’étranger et qui font vibrer les scènes d’Europe et du monde entier. 

Les portes de l’Aérosol sont ouvertes en début d’après-midi, soleil et ambiance sont au rendez-vous. Des stands de graff sont ouverts au public, enfants, adultes, confirmés et amateurs se mélangent, utilisant l’environnement comme une toile géante. La scène outdoor commence à réunir quelques festivaliers qui se laissent entrainer par quelques rythmes électro-exotique. D’autres se contentent de profiter du soleil de ce début du mois de juin, en papillonnant de stand en food truck, de quoi reprendre de l’énergie, se recharger en bière, ou encore détendre ses muscles grâce aux masseuses présentes sur le festival.

                    

A l’intérieur, dans la salle principale, règne une toute autre ambiance, plus solennel. Quelques musiciens sont assis en cercle devant la scène. Place au Cacao Rituel et à la Tribal Dance, mis en place par l’association Time Is Art, mélangeant yoga, Qi-gong, et danse, un moyen de se reconnecter à soi-même. L’énergie du petit comité réunit autour des paniers de cacao se répand doucement au gré des sonorités des instruments sud-américains et l’entrepôt se transforme, l’espace de quelques heures, en un autel où l’on se laisse tranquillement porter.  

A l’extérieur, l’effervescence de la foule vient contrebalancer le calme de la scène indoor. Une nouvelle communion se crée autour de la scène où les danseurs se déhanchent au fur et à mesure que Dj Cucurucho cale ses vinyles, embarquant les festivaliers toujours un peu plus loin dans ce voyage sonores grâce aux rythmes afro-beat, avant de clôturer la scène outdoor et ce bel après-midi aux côtés de Fidel Eljuri. 

Les artistes graffeurs, perchés sur des échafaudages, finissent d’apporter les dernières touches à ces fresques éphémères, et donnent un nouveau visage à ces pans de murs. Quelques festivaliers se laissent happer par les couleurs et le poids des corps qui se dessinent au dessus d’eux. De quoi en prendre plein les yeux et laisser ses tympans prendre un moment de répit avant de recommencer les festivités.

A l’intérieur, l’entrepôt prend un nouveau visage, la cérémonie du cacao laisse place aux danseurs, qui s’approchent des enceintes, laissant la musique dicter leurs mouvements et leurs corps.
C’est Julien Lebrun de Hot Casa Records qui ouvre le bal, en mélangeant afro-house, ethno beat, suivi d’une pléthore de DJs venus des quatre coins du monde et réuni autour du label portugais Enchufada Records.  

La soirée bat son plein lorsque le duo péruvien Dengue Dengue Dengue, originaire de Lima, présent quelques semaines plus tôt au festival MRN (Music To Rock The Nation) démarrent leurs live set. Derrière ces masques se cachent deux producteurs et graphic designers de talent. En mélangeant rythmes péruviens et techno tribale bien enragé, ils font vibrer la salle, le tout accompagné de visuels crées spécialement pour le set. De quoi faire bouncer les plus sceptiques. 

Cosmo Bass World.Wild.Beats est avant tout un festival convivial, loin du rythme effréné de ces gros événements de ce début d’été, et on se laisse doucement embarquer dans cette invitation au voyage pour le moins initiatique.